Plus que dans tout autre domaine, la traduction médicale ne peut souffrir aucune erreur. Un mot ou une expression mal traduite peut véritablement entraîner des conséquences désastreuses. La traduction médicale est une tâche complexe qui demande aux traducteurs de prêter attention à chaque détail du texte. Voici quelques-unes des erreurs à ne pas répéter.

Les abréviations

Les abréviations sont très courantes en médecine et un traducteur médical doit toujours se poser la question de la signification des abréviations utilisées dans le texte source. Une simple abréviation erronée peut entièrement changer la signification d’un texte. Pour éviter ce problème, il existe des ressources en ligne : MediLexicon (en anglais) et Cosnautas (en espagnol), deux options sérieuses et sûres. Soyez également conscient du fait que certaines abréviations ont plusieurs significations. IVG, par exemple, peut aussi bien signifier «insuffisance ventriculaire gauche» qu’«interruption volontaire de grossesse». Il appartient alors au traducteur de déterminer le sens, en fonction du contexte.

Convertir les chiffres et les mesures

En tant que traducteur médical, vous devez savoir que la notation des chiffres varie d’une culture à une autre. Par exemple, si en France la convention veut que la partie décimale d’un nombre soit écrite après une virgule, il en va autrement en anglais, où la partie décimale vient après un point. La virgule est quant à elle utilisée en anglais pour séparer milliers et millions : «9,5» en français n’a assurément pas la même valeur que «9,500» en anglais.

Formation et formation

On ne le répètera jamais assez : un bon traducteur est un traducteur qui a suivi une formation en rapport avec sa spécialisation. Et la traduction médicale est une traduction technique et scientifique, avec une terminologie précise. Certes, on ne peut pas demander au traducteur médical de suivre les sept années d’étude (voire douze, dans le cas d’une spécialisation) nécessaires pour être médecin, mais il est tout à fait possible de suivre une formation en fin d’études, c’est à dire le plus souvent un master en 5 ans. Les établissements les plus reconnus en France sont : l’ESIT, l’ISIT et l’INALCO. En outre, dans un secteur en évolution constante, il est important pour le traducteur médical d’être au courant des avancées de la recherche, soit par la lecture d’ouvrages et de périodiques médicaux, soit par le biais de la formation continue.

La tentation de sauter les étapes

Une traduction est un processus intellectuel qui se déroule en plusieurs étapes qui doivent être scrupuleusement respectées : la première, appelée décodage, consiste à comprendre le texte avant sa traduction. En traduction médicale, cette étape implique bien souvent des recherches nécessaires à la compréhension du sujet, dans des domaines comme l’anatomie, la physiologie, la pathologie et la pharmacologie. Cette étape est suivie de la recherche terminologique, c’est à dire — une fois le sens général du texte dégagé — la recherche de termes spécifiques qui posent problème. Vient enfin l’étape du transcodage, où le traducteur médical — une fois l’ensemble et les particularités du texte compris — traduit le texte. Pour aller plus loin et en savoir plus sur la méthodologie de la traduction médicale, cliquez ici.

Traduction automatique… ou humaine?

Question purement rhétorique, bien sûr, puisque — pour l’instant — la traduction humaine surpasse la traduction machine. À ce sujet, le très sérieux British Medical Journal a publié, en 2014, une étude de la pertinence de Google Traduction dans le contexte médical. Dix phrases couramment employées par les médecins ont été traduites en 26 langues différentes couramment utilisées à travers le monde, aussi bien occidentales, qu’asiatiques et africaines. Les résultats ainsi obtenus ont été retraduits par des traducteurs dans leur langue d’origine. Selon l’étude, les traductions fournies par l’algorithme «ne sont pas très satisfaisantes», ce qui est le moins que l’on puisse dire. Ainsi, «arrêt cardiaque» s’est vu traduit par «cœur en prison»! Le taux de traduction réussie était de 74 % pour les langues occidentales, 46 % dans le cas des langues asiatiques et enfin 45 % pour les langues africaines. Des résultats qui plaident évidemment en faveur d’une traduction humaine. (Pour lire l’étude en ligne du British Medical Journal — en anglais — cliquez ici).