Grâce à ses connaissances linguistiques, un traducteur transpose un document d’une langue à une autre. Lorsqu’il est assermenté auprès des autorités judiciaires, il devient un officier ministériel, habilité à certifier qu’une traduction est conforme et fidèle au texte original. Il est également apte à effectuer les traductions de documents officiels ou juridiques (actes notariés, actes de procédures, etc.). L’obtention de ce statut, de plus en plus prisé, passe par quatre grandes étapes.

La formation de traducteur

Un traducteur assermenté (ou expert traducteur) doit d’abord être un traducteur professionnel. Pour accéder à la profession, il faut un diplôme de niveau Bac+5 reconnu par l’Etat et obtenu, au choix :

  • Dans une université, en validant d’abord une licence (de préférence en Langue, littérature et civilisation étrangères, ou en Langues étrangères appliquées), puis un master dans le domaine des langues.
  • Dans une école spécialisée, comme l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs (ESIT), l’Institut Supérieur d’Interprétation et de Traduction (ISIT), l’Institut de Traducteurs, d’Interprètes et de Relations Internationales (ITIRI) ou l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO).

En complément d’une maîtrise irréprochable de sa langue maternelle, le traducteur professionnel doit avoir une connaissance approfondie d’au moins deux langues étrangères. Ces compétences lui permettent de réaliser des traductions fidèles et de qualité, tenant compte de toutes les nuances linguistiques.

L’expérience professionnelle

Avant de prétendre à une assermentation, il est préférable d’accumuler quelques années d’expérience en traduction. Pour cela, il est possible de travailler comme traducteur dans une entreprise, une agence spécialisée ou même à son compte. L’objectif est de développer ses compétences avant de postuler pour l’assermentation.

La candidature à l’assermentation

Pour être assermenté, il faut respecter une procédure, durant en moyenne un an :

  1. Envoi de la candidature : le traducteur adresse sa candidature au procureur de la République, en remplissant le dossier fourni par le Tribunal de Grande Instance de sa circonscription.
  2. Étude du dossier : la police mène une enquête de moralité (le casier judiciaire doit être vide), puis convoque le candidat pour une audition au commissariat. Le Tribunal de Grande Instance peut également solliciter une entrevue.
  3. Transmission du dossier à la Cour d’appel correspondante.

La candidature peut ne pas être retenue dès la première tentative. Cela dépend notamment du couple de langues et de l’expérience professionnelle. Certains traducteurs attendent même plusieurs années avant d’être assermentés.

La prestation solennelle de serment

Une fois la candidature acceptée, la Cour d’appel fait prêter serment. Le professionnel obtient alors le titre de traducteur assermenté, pour une durée de cinq ans renouvelable, et est inscrit sur la liste officielle des traducteurs assermentés de sa Cour.

En outre, pour être agréé par la Cour de cassation et figurer sur la liste nationale de traducteurs assermentés, la personne doit déjà être inscrite à la précédente depuis au minimum trois ans.

Les avantages du traducteur assermenté

Pour qu’une traduction assermentée soit reconnue, elle doit obligatoirement porter le cachet et la signature du traducteur assermenté.

S’il n’est pas nécessaire d’être assermenté pour exercer le métier de traducteur, certains travaux le nécessitent néanmoins. Le recours à un traducteur assermenté présente plusieurs avantages :

  • En tant qu’officier ministériel, il a un statut officiel.
  • Reconnu par l’Etat, il est le seul habilité à fournir des traductions officielles assermentées.
  • Ses productions sont acceptées par les administrations, tribunaux et autorités, nationales et internationales.
  • L’assermentation fournit un gage de qualité puisqu’elle passe par un examen consciencieux de la candidature et doit être renouvelée tous les cinq ans.

 

Un traducteur assermenté est donc un professionnel qui a prêté serment devant une Cour d’appel. Il est ainsi habilité à effectuer des traductions officielles assermentées, reconnues par toutes les administrations et autorités.

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